Recherche clinique dans le service

Recherche clinique dans le service
Pour savoir si un essai clinique pouvant correspondre à votre cas est disponible, votre médecin peut envoyer un résumé de votre dossier à l'un des médecins plus particulièrement impliqués dans la recherche clinique :
thierry.andre@aphp.fr
daniel.lopez-trabada@aphp.fr

DES PROTOCOLES "MAISON" MONDIALEMENT CONNUS
Depuis 20 ans, le cancer colorectal est la thématique phare du service et un exemple de notre investissement dans la recherche clinique d'envergure internationale. De nombreux essais initiés à Saint-Antoine ont permis d'établir des standards de prise en charge. Deux exemples sont l'essai MOSAIC et l’essai IDEA
Les essais MOSAIC et IDEA: la clé de voute de la reconnaissance du service
Suite aux avancées majeures initiées par le Pr A. de Gramont (auquel le Professeur T. André a succédé à la chefferie de service) dans le cancer colo-rectal métastatique (schéma bi-mensuel de chimiothérapie avec fluoropyrimidines associés à l’oxaliplatine : FOLFOX), l'essai MOSAIC (Multicenter International Study of Oxaliplatin/5FU/LV in the Adjuvant treatment of Colon Cancer) a démontré en 2004 une importante amélioration de la prise en charge des patients dont le cancer du côlon a été retiré par chirurgie et qui avait une ou des métastases ganglionnaires (stade III) (André T, N Engl J Med. 2004 Jun 3;350(23):2343-51.). Le schéma développé dans cette étude (FOLFOX4) pendant une durée de 6 mois (12 cycles) est devenu dans la situation dite «adjuvante », c'est-à-dire complémentaire de la chirurgie, le nouveau standard partout dans le monde depuis cet essai.
La suite de cette étude, a été d’essayer de diminuer la durée de cette chimiothérapie adjuvante de 6 mois à 3 mois. Un essai international ayant inclus 12 800 patients (dans 12 pays) dont 2020 en France (Pr T. André est le coordonnateur de cette étude pour la France), vient d’être  publié (Grothey A, et al. Duration of Adjuvant Chemotherapy for Stage III Colon Cancer. N Engl J Med 2018, March 29 ; André T, et al, J Clin Oncol, 2018). Baptisée IDEA (International Duration Evaluation of Adjuvant Chemotherapy), c’est la plus grande étude prospective internationale concernant le cancer du côlon jamais menée.  Pour 60 % des patients, ceux ayant la forme la moins grave (T1 à T3, N1), les deux durées de traitement sont équivalentes en terme de survie, et les perfusions de 5FU peuvent être remplacées par les comprimés de capécitabine. En outre, et comme on pouvait s’y attendre, chez les patients traités durant seulement trois mois,  on constate un progrès important en terme de qualité de vie, avec diminution majeure du risque de toxicité et notamment de toxicité neurologique sensitive.
Une des autres thématiques de recherche du service est l’immunothérapie, notamment des patients avec cancers Micro Satellite Instable (MSI) c’est à dire avec un déficit de la réparation des mésappariements de l’ADN (dMMR) avec des résultats très prometteurs des anticorps anti PDL1 et anti-CTL4.

Dans le service, le Pr André et son équipe, développent la recherche clinique dans tous les cancers digestifs. Le but de cette recherche clinique (phase I, II et III) effectuée est d'apporter des solutions thérapeutiques nouvelles aux patients pris en charge à St Antoine. L'activité se partage entre la recherche académique avec des essais de stratégie thérapeutique et la recherche industrielle en collaboration avec l'industrie pharmaceutique, permettant d’avoir accès à de nouveaux médicaments innovants.
Autour de cette recherche, gravite le réseau du GERCOR (Groupe Coopérateur Multidisciplinaire en Oncologie) dont le Pr André est vice-président. La mission de ce groupe, qui travaille en collaboration avec les autres groupes coopérateurs français (FFCD, Unicancer et groupe Prodige) est de mettre en place des essais thérapeutiques nationaux et internationaux.
La diversité des axes de développement de cette recherche est importante et permet d'avoir accès à des nouveaux médicaments qui n'ont pas encore leur autorisation de mise sur le marché et qui constituent de véritables espoirs pour les patients, d'autant plus qu'un prélèvement au niveau de leur tumeur aura permis de prédire l'efficacité du traitement évalué (thérapies ciblées personnalisées). Il existe dans le service d'oncologie médicale une unité de phase I dont le but est de tester les nouveaux médicaments à un stade précoce de leur développement. Quatre lits de l'hôpital de semaine sont dédiés à cette activité. La recherche de phase I est l'opportunité de donner une nouvelle chance aux patients qui n'ont plus le temps d'attendre la fin du développement d'un nouveau médicament.
Développer l'accès à la recherche clinique
Pr Thierry André et Docteur Daniel Lopez-Trabada, Oncologues médicaux et Responsables de la Recherche clinique et Mme Khalida Segissement, Coordinatrice de recherche clinique
Mettre à la disposition des patients des innovations thérapeutiques les plus adéquates, améliorer le pronostic et la qualité de vie, c'est dans cet esprit que l'équipe du service d'oncologie médicale de Saint-Antoine conçoit la recherche. «  Participer à un essai thérapeutique, explique le Pr André, c'est avoir l'opportunité d'avoir un médicament avant sa commercialisation, laquelle peut parfois prendre des années.  » Aujourd'hui, une vingtaine d'essais cliniques, des phases les plus précoces de développement aux études post-commercialisation, sont en cours. Plusieurs centaines de patients sont traités et suivis dans le cadre d'essais thérapeutiques. « Nous avons des essais thérapeutiques selon les situations cliniques et selon les lignes de traitement. Notre objectif est d'offrir à nos patients les traitements les plus novateurs, dans le but d'améliorer leur prise en charge. En oncologie digestive, nous participons à plusieurs essais d'immunothérapie par exemple. » Pour répondre à cette ambition d'inclure des patients dans des études cliniques, Saint-Antoine a su se doter des structures adéquates et des collaborations nécessaires. Un médecin de recherche clinique (Dr D Lopez-Trabada), deux infirmières (Françoise Noyrigat et Sophie Jeannelle) et une équipe d'Attachés de Recherche Clinique (ARC) dont très impliqués (Khalida Segissement, Safia Benakli, Ghylles Tchatat, Rinah Joseph, Valentin Charrier, Anne Zambon). Chaque médecin du service est également partie prenante tandis que des interlocuteurs privilégiés des autres services impliqués - radiologie, pharmacie, laboratoires, Unité de Recherche Clinique, etc. - ont été identifiés. En pratique, un patient peut se voir proposer la participation à un essai par son médecin référent. Il est dans un deuxième temps contacté par le Dr Lopez-Trabada pour un rendez-vous spécifique. « C'est une consultation où nous prenons tout le temps pour répondre aux questions. Les proches sont les bienvenus. Ensuite, si l'essai nécessite des consultations plus rapprochées que celle prévues avec le médecin référent, c'est le Dr D Lopez-Trabada qui les assure. Nous essayons toujours de nous adapter à la vie des patients, d'autant que nous savons que certains essais sont contraignants. » Les ARCs sont très importants pour la prise en charge des patients inclus dans un essai. Faisant preuve d'une grande disponibilité, ils les accompagnent en essayant de faciliter le suivi des essais. « Chacun d'entre nous suit 10 à 15 patients, poursuit Khalida Segissement. «  Nous sommes joignables par téléphone et par mail et assurons le suivi. Nous devons veiller au respect des pratiques cliniques et des essais ; nous sommes l'interface avec les promoteurs d'essais cliniques. C'est un métier avec des rapports humains très forts, que ce soit avec les patients comme avec l'équipe. »

Recherche translationnelle et recherche préclinique
La recherche translationnelle et la recherche préclinique dont l'équipe du Pr T André est partie prenante sont menées par des structures de recherche mixtes labellisées par l'Inserm et l'Université Pierre et Marie Curie (UPMC).